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BOURJ EL-BARAJNEH

BOURJ EL-BARAJNEH

 

Ahmad Einien, coordinateur LEM Liban a grandi dans le camp palestiniens de Bourj el-Barajneh. Ahmad nous raconte l'éprouvant quotidien des réfugiés palestiniens dans le camp de Bourj el-Barajneh où vit sa famille depuis 1948.

(Regardez le documentaire "Nous, réfugiés palestiniens" d'Agnès Merlet pour Arte)

Des millions de réfugiés palestiniens issus de la diaspora continuent de vivre dans des camps, notamment au Liban, où, malgré quelques améliorations récentes, leur sort reste précaire. Près de 500 000 réfugiés palestiniens résident au Liban. La moitié d'entre eux a trouvé refuge dans une dizaine de camps répartis à travers le pays. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), environ 60 % de cette population vit en dessous du seuil de pauvreté, et un nombre similaire sont au chômage.

Entre l'aéroport et les quartiers situés au sud de Beyrouth, le camp de Bourj el-Barajneh abrite plus de 30 000 réfugiés palestiniens dans un périmètre d'à peine un kilomètre carré.

Des centaines de milliers de personnes ayant été forcées à l'exil par  lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948, le camp de Bourj el-Barajneh a été installé par la Ligue des Sociétés de La Croix Rouge accueillant principalement les palestiniens de Galilée. Année après année, la population a grandi avec l'arrivée successive de libanais, d'egyptiens, de travailleurs déplacés par les conflits internes et régionaux, notamment des migrants syriens et irakiens.

La population du quartier de Bourj al-Barajneh se compose principalement de familles et de personnes ayant trouvé refuge à une situation économique, politique et sociale. La majorité des palestiniens ont fui leur pays il y a plus de soixante ans, d'autres viennent tout juste d'arriver. La promiscuité, la densité, le manque de perspective accentuent le sentiment d'isolement.

 

Les réfugiés palestiniens font partie de la population la plus isolée du camp, car non intégrée dans le quartier libanais. L'exclusion sociale, comme les conditions de vie extrêmement basiques des habitants du camp, accroît la précarité et expose de nombreux refugiés à un quotidien sinistre.

Les habitants n'ont accès à l'eau courante et l'électricité que quelques heures par jour. Sans réel système d'évacuation, l'eau ruisselle dans les ruelles du camp. Les câbles d'électricité pendent entre les habitations, composées d'une seule pièce partagée, en moyenne, par quatre personnes. Les pluies en hiver et les fortes chaleurs en été ne font qu'accentuer ces conditions de vie particulièrement précaires. L'eau et le système d'évacuation des eaux usées sont dégradés ou sont devenus inadaptés.

Plus de quatre millions et demi de palestiniens bénéficient d'un statut spécial de réfugié reconnu par l'UNRWA, l'agence des Nations Unies en charge des réfugiés palestiniens. Contrairement au statut de réfugié défini depuis 1951 par les Nations Unies, le statut de réfugiés palestiniens englobe non seulement l'ensemble des personnes qui résidaient en Palestine mandataire entre juin 1946 et mai 1948 mais aussi ceux qui ont fui suite à la guerre israélo-arabe de 1948-1949, avec leurs descendants. Leur nombre a ainsi été multiplié par cinq en 50 ans.

 

Les réfugiés palestiniens au Liban sont sans aucune protection juridique en raison du refus de ratification par l'Etat libanais de la Convention de 1951.

 

La loi interdit aux palestiniens de travailler dans plus de vingt professions comme celles de médecin, avocat, ingénieur et comptable. Les droits sociaux et civils sont inexistants, l'accès reste limité à la santé publique et à l'éducation. La grande majorité des palestiniens dépend de l'assistance de l'UNRWA.